L'Expedition Torday-Congo
MERCI BEAUCOUP Á ORSOLYA NESZMÉLYI POUR LA TRADUCTION!
Nous remercions Napelemek Bt. avoir assuré la possibilité de recharger les portables et d'écrire le blog lors de l'expédition.
Nous remercions Nokia les portables E71, a l'aide desquels nous avons pu envoyer les blogs.
4 Juillet 2009
Le 4 Juillet 2009, tard dans la soirée, les autres membres de l’expédition sont également arrivés:
Sándor Balogh – Président de l’Association Africaine-Hongroise(AHU)
Sándor Fábry – personnalité médiatique
Attila Lóránt – photographe
David Reisinger – cameraman
Sándor Zimits - architecte
Les deux premières journées sont consacrées à l’organisation et à l’acclimatation. Nous devons encore obtenir quelques autorisations, mais demain, le 7 Juillet nous partons avec un avion de l’ONU dans le nord-est afin de commencer notre voyage en bateau sur le Congo. Malheureusement, les démarches administratives et l’obtention de n’importe quel renseignement sont difficiles. Nous devons parfois déchiffrer des informations contradictoires pour approcher de plus près la réalité. Nous voyons déjà que nous allons devoir faire face à de nombreuses difficultés, mais qui se feront oublier par l’excitation du voyage et par la beauté du Congo.
(Attila Lóránt)
7 Juillet 2009
Kinshasa – Kisangani
Toile de tente, sac de couchage, matelas autogonflable, moustiquaire et produit anti-moustique, produits d’hygiène, médicaments, quelques vêtements et des claquettes pour aller dans l’eau. Tel était le contenu de nos sacs à dos. Réveil à l’aube, 5h45 à l’aéroport, embarquement pour le vol Kinshasa – Kisangani de l’ONU, arrivée à Kisangani à 11 heures.
On peut dire que Kisangani est une ville typique du Congo. Des couleurs semblables à celles de Kinshasa, des maisons délabrées de l’époque de la colonisation, des affiches publicitaires colorées. Il n’y a presque pas de voitures dans la ville, les habitants circulent à moto ou à bicyclette, ou bien prennent le taxi-bicyclette. Après notre arrivée nous avons essayé de régler les formalités locales au plus vite. Pour cela nous sommes allés chez Monsieur Kamuni, le maire du quartier Makiso, afin de rendre visite avec lui aux Vagenyas, une communauté de pécheurs traditionnels, comptant environ 30.000 membres. Monsieur Mokota Lissa de Kinshasa, député parlementaire d’origine Vagenya, nous a donné une lettre de recommandation expliquant notre mission sur les traces de Torday dans le cadre d’une mission culturelle et éducative, selon laquelle le peuple devrait nous accueillir de bon coeur et nous aider dans notre projet. C’est exactement ce qui s’est passé. Au lieu de remémorer le passé heureux et glorieux, ou décrire le présent avec de nombreuses difficultés, les Vagenyas nous ont parlé de l’image qu’ils se font de leur avenir. Beaucoup de choses ont changé, ils nous ont expliqué que la pêche est moins abondante dans le Congo qu’auparavant. Elle ne suffit même pas à nourrir leurs familles, encore moins pour vendre l’excédent et gagner ainsi de l’argent. Le niveau du Congo a baissé. L’interdiction de pêche, la kasele, respectée dans le passé n’existe plus, même les poissons de petite taille sont pêchés et consommés. Il y a beaucoup moins d’opportunités de travail qu’avant, et beaucoup plus de personnes font de la pêche pour vivre. Nous avons compris plusieurs aspects qui rendent la vie actuelle des Vagenyas difficile, nous les décrirons par la suite. Une chose est sûre, la situation des braves Vagenyas, plein de force et de courage, consacrant leur vie à la fleuve a changée. Comme ils l’ont eux-mêmes constaté en voyant des photos de l’expédition Torday : les Vagenyas ne sont plus aussi fort que sur ces photos-là.
8 Juillet 2009
Tournage matinale chez les Vagenyas
L’aube nous a trouvé à Kisangani. A 6 heures du matin nous étions déjà en route vers les Chutes de Stanley, où nous allions tourner avec les Vagenyas à l’aube. Nous espérions que les lumières du matin seront particulièrement belles sur le Congo et que nous allions pouvoir approcher les tolami au milieu du fleuve au moment du ramassage des poissons. Malheureusement le temps était nuageux et le brouillard nous a empêché de réaliser nos projets, mais les Vagenyas se sont sentis obligés de nous présenter des curiosités. D’autant plus que le peu de touristes et les équipes de tournage locales et internationales représentent des sources de revenus importantes pour eux. Les équipes de tournage arrivent ici surtout grâce à l’oeuvre de Henry Morton Stanley.
Ils nous ont présenté deux coutumes « traditionnelles » en improvisant : la lutte et une compétition de canoë. Les deux ont eu une fonction dans la culture des Vagenyas dans le passé. Les jeunes garçons ont appris la lutte vers 12 ans au moment de leur initiation. Le rituel, se terminant par la circoncision, est précédé par une préparation de 1-2 ans. Aujourd’hui ils procèdent à ce rituel en un temps réduit, pendant les vacances scolaires estivales. Pour les Vagenyas, la lutte représentait le sport, l’amusement, la démonstration de la force et du pouvoir, le règlement des conflits et la relation avec leurs ancêtres, en fonction de la situation. Il fallait un homme fort et sportif dans chaque famille, pour la représenter en cas de démonstration de force face à une autre famille ou un autre village. Au-delà de la préparation physique la lutte demande aussi de la préparation mentale. Les lutteurs se préparent au combat avec des potions et des rites magiques, ainsi qu’avec des prières aux ancêtres, espérant encore plus de force grâce à ces pratiques.
La compétition de canoë est aussi un sport de distraction pour la tribu. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de la démonstration, car dans ce cas nous sommes témoins de la transformation culturelle: nous avons vu, comment ils transforment certaines traditions en spectacle et curiosité touristique pour en tirer des bénéfices tout en gardant leur valeur originelle.
Certains membres de notre équipe sensibles aux effets visuels ont été émerveillés par des hommes pêchant avec des énormes filets sur une construction de poteau en bois (tolami). Nous avons été enchantés par la dynamique des évènements, le groupe de 6-7 hommes travaillant avec de lourds filets, le chant des Vagenyas accompagnant la pêche, le bruit de l’eau, la proximité du Congo puissant et rocheux. Attila a composé ces photos dans les positions les plus inconfortables, tandis que David a cherché sans cesse les meilleures prises de vue. Il a tenté de faire attention à la camera, au micro, aux réglages d’image et de son. Moi, j’étais en charge de poser les questions, collecter des informations et prendre des notes.
Malheureusement, nous avons dû patienter plus longtemps que prévu, avant de partir en bateau à moteur à Mbandaka. Nous avons planifié notre départ vers 9 heures, mais la bureaucratie compliquée et quelques problèmes logistiques n’ont pas facilité la réalisation de nos projets. Finalement nous sommes partis seulement à 15 heures. Le moral de notre troupe a été en berne à cause de cet incident, mais dès que notre bateau à commencé de glisser sur le fleuve, nos regards et nos fronts fatigués par l’attente se sont décontractés. Nous avons été pris par le plaisir de voyager sur le Congo. Les couleurs, le paysage, la proximité de l’eau, le plaisir de la première pluie tropicale nous ont entièrement satisfait.
Voyage sur le Congo
A bord de notre bateau – 10 mètres de long, 1,4 mètres large, deux fois 25 chevaux – nous avons fait 55 km en 3,5 heures aujourd’hui. Vue le nombre de kilomètres, nous n’avancions pas rapidement, mais du bateau le mouvement parait plus dynamique. Nous discutons, nous lisons (surtout Torday) et nous observons le paysage autour de nous. Pendant les premières heures les rives, le paysage étaient comme un film intéressant et jamais ennuyeux. Notre bateau était couvert, nous avons pu nous protéger par les bâches, donc la pluie ne nous a pas du tout dérangée. Mise à part nous 6, 3 personnes de l’équipage et un voyageur non identifié partagent le bateau avec nous. Nous passons la première nuit près de Yangombe. Les bruits de la forêt nous paressent plus forts.
9 Juillet 2009
Sur la fleuve Congo
Nous sommes quasiment sautés du lit après la nuit de camping sauvage. Les mille bruissements d’oiseaux et d’insectes nous ont accompagné comme une musique inquiétante. Parfois j’ai sursauté pendant mon sommeil, mais cela passera certainement si je m’habitue aux nouveaux bruits des environs. En réfléchissant j’ai conclu que c’est une grande chance d’habiter dans un espace aussi grand et libre, sans obligations. C’est pour cela que nous avons dit adieux à notre premier campement avec le coeur un peu lourd. Espace de vie sans fin. Vue imprenable sur le Congo, des palmiers à l’entrée de notre cabane. Nous pensons souvent que ces gens-là sont beaucoup plus pauvres que nous, mais si nous pensons au prix que nous payons pour un espace de vie extrêmement restreint chez nous, je crois que ces gens-là sont tout de même très riches : ils ont leur liberté.
Réveil à 4 heures du matin, une levée de camp un peu maladroite. Omelette au petit-déjeuner, par maladresse nous y avons mis la moitié de notre stock de sel. Mais ce n’est pas grave, nous avons du thé, du pain, du beurre et du pâté de foie. C’est important un petit-déjeuner copieux – répétait toujours Sándor Zimits, le responsable des provisions dans notre équipe. Une de nos rites est la prise de médicament contre le paludisme. Comme il faut le prendre après un repas copieux, nous le prenons toujours après le petit-déjeuner.
Nous montons à bord de notre bateau à 6 heures, en même temps que le soleil se lève. Nous partons et passons les 12 prochaines heures dans le bateau. Nous n’avons pas eu de chance aujourd’hui de 6 heures à 13 heures la pluie tombait sans cesse. Mouillés et frigorifiés, nous avons essayé de nous rassembler dans le plus petit espace possible sur le bateau. Nous avons mis le voilage imperméable sur nos sacs, et caché les autres affaires sous la bâche. Nous avons aussi essayé de protéger les deux côtés du bateau avec la bâche, mais sans succès. La pluie tropicale battante attaquait notre petit bateau sans cesse. Le moins chanceux entre nous était Sándor Fábry, son dos a le plus souffert à cause de la météo, même si en grand habitué des parcours aquatiques il a prévu des bottes en caoutchouc, un pantalon imperméable et un poncho. Lui comme nous, avons été mouillés jusqu’aux os. La météo nous a un peu démoralisée, mais ce n’est pas pour autant que nous avons abandonné. Nous avons raconté des histoires, et tenté à faire attention à notre environnement. Nous avons passé des heures difficiles. Vers 1 heure dans l’après-midi comme par miracle, la pluie a cessé de tomber, le ciel s’est éclaircit et nous nous sentions de mieux en mieux. Le Congo est un fleuve excitant. Le paysage en soi n’est pas très diversifié, mais les feuillages denses des arbres, les curieux oiseaux et les autres canoës des pêcheurs qu’on croisait en leur faisant bonjour du signe de la main, nous ont procuré un grand plaisir. Le reste de la journée et du voyage s’est passé à grande vitesse.
Notre premier campement à Lokutu
Notre campement du même soir était un village, à quelques kilomètres de Lokutu. Nous avons fait 157 km ce jour là et nous avons accosté seulement après la tombée de la nuit. Les habitants du village nous ont observé avec curiosité, et ils ont commenté avec intérêt l’installation de nos tentes, de nos matelas gonflables et les différentes étapes de la préparation de notre repas. Les 50 personnes qui ont suivi de près nos actions sont seulement parties après que nous soyons couchés. Les habitants locaux ont été intéressés par nous et nous par eux. Nous avons fait le tour du village, Ildikó a réussi à trouver 2 sceaux d’eau propre pour se laver. A 3 km d’ici il y a une école primaire et un lycée, les jeunes peuvent ensuite continuer leurs études universitaires à Lokutu. Il n’y a pas d’électricité, pour de l’eau fraîche, ils doivent aller à une source à proximité. Monsieur Pierre nous a accompagné dans ce village, où les habitants vivent de la pêche, de la culture du maïs, et du commerce de fruit de palmier. Chaque vendredi il y a un marché, les habitants de la région apportent les marchandises par canoë. Ils arrivent tôt le matin. Selon Monsieur Pierre ils vont même jusqu’à Kisangani, où ils troquent leurs marchandises contre d’autres produits. Ils font le voyage en 7 jours sur le Congo, ils rament à la main. Ils apportent du mais, des fruits de palmier et du poisson séché à Kisangani. Ils les troquent contre du textile, des objets, des aliments non périssables, du sel, du sucre, ou du savon. Nous avons préparé des paquets cadeaux semblables à Kisangani, que nous avons transmis au chef du village à notre arrivée.
Monsieur Pierre nous a montré sa maison. C’était plutôt un lotissement de 4 maisons, une pour les parents, une pour Pierre, sa femme et ses enfants, une pour le frère de Pierre, ses deux femmes et sa famille et la dernière pour un autre frère et sa famille. Sur la place entourée par le 4 cabanes leurs chèvres dormaient tranquillement. Un peu plus loin, les hommes adultes se sont rassemblés autour du feu en discutant. Sous le toit d’une des cabanes, ils gardaient le feu. S’il pleuvait, les membres de la famille s’abritaient sous ce toit. La place au milieu des cabanes était propre et rangée, fraîchement balayée. Pas de déchets, comme dans tout le village d’ailleurs. Au milieu des cabanes nous avons découvert un vélo. Attila a pris des photos, à la fin, les jeunes lui ont demandé de les prendre en photo aussi. Pour les photos, ils ont inventé des poses créatives, souvent près des objets, aux symboles signifiants, dans ce cas à proximité du fameux vélo. Monsieur Pierre voudrait une photo avec moi : nous nous serrons la main, regardons la caméra et sourions. Le résultat est digne d’un magazine diplomatique.
10 Juillet 2009
Les Mundeles arrivent en bateau à moteur et prennent des photos
Nous avons quitté le campement à 6h30. Des canoës chargés de marchandises arrivent de toutes les directions au marché du vendredi. Malheureusement nous n’avons pas pu faire un tour au marché, nous devions poursuivre notre route. La partie suivante du Congo est parsemée de petits îlots. Sur notre chemin nous avons vu une usine d’huile de palme hors service, que nous avons documentée et noté ses coordonnées GPS. Après notre expédition, nous voudrions enrichir Google Earth avec quelques photos avec ces coordonnées. Ici les villages longent les rives du Congo, comme si tous les habitants vivaient leur vie près du fleuve. Quand ils entendent le bruit du bateau à moteur, et qu’ils voient ses passagers blancs, ils réagissent de diverses façons. Les enfants sautent directement dans les canoës et rament de façons impressionnantes pour tenter de nous rattraper. Il y avait un endroit où plusieurs douzaines d’enfants ont sauté dans l’eau, et nageaient vers nous à toute vitesse. Certains ont faillit nous rattraper, ils ont presque touché notre bateau. D’autres enfants nous font d’infatigables signes de main, et suivent le bateau en longeant les rives tant qu’ils peuvent.
Les réactions des adultes sont plus variées. Certains sont contents de nous voir et font signe de nous approcher. D’autres nous font comprendre que nous devons poursuivre notre chemin sans s’arrêter. Certains sourient à l’objectif de nos caméras, d’autres expriment par les gestes et la parole leur mécontentement vis-à-vis de notre appareil photo. Il y avait aussi des villages où au premier abord les habitants étaient accueillants et intéressés, mais à l’arrivée d’un homme dominant ils ont changé d’attitude, sont devenus mécontents, nous on demandé d’arrêter de prendre des photos. Cela serait dommage de renier ces réalités. La réaction la plus touchante était celle d’un petit vendeur de poissons séchés, qui en voyant notre appareil photo a eu si peur, qu’il s’est tout de suite caché dans le fond de son canoë.
Des problèmes à Bumba
Basé sur nos expériences des premières journées, nous avons pu estimer à la fin de la matinée le temps qu’il nous faudrait pour atteindre Mbandaka. Nous avons dû reconnaître qu’à notre vitesse moyenne et en voyageant 11-12 heures par jour nous allons difficilement ou pas du tout atteindre Mbandaka, située à environ 700 km. Nous avions besoin d’un nouveau plan. Nous nous sommes mis d’accord avec l’équipage que nous allons essayer d’éviter les villes. Nous n’allons pas nous arrêter dans des ports où nous serions soumis à des procédures administratives. L’équipage nous a signalé que nous serions de toute façon obligés de nous arrêter à Mumba, car nous avons besoin de carburant. Nous leurs avons expliqué que nous devions rejoindre différentes étapes pendant notre expédition en un temps limité. Nous devons prendre l’avion de retour de Mbandaka vers Kinshasa le 14, afin de repartir le 16 de Kinshasa vers le comté de Bandundu, où se tient dans la ville de Gungu le Festival de Gungu. Pour cela,c’est important de respecter le temps limité. Si nous prenons du retard des le début de l’expédition, nous allons le ressentir jusqu’ à la fin. Nous avions l’impression que tout l’équipage – le joyeux et costaud Mr. Picsu, le calme et respectueux Mr. Vincent, le troisième gars Gaston et même notre voyageur clandestin George – a compris notre problème. Nous nous sommes mis d’accord, que nous allons nous séparer à l’arrivée à Mumba, un des 2 bateaux va traverser le port sans s’arrêter, et va l’attendre un peu plus loin l’autre bateau qui va prendre le carburant à Mumba. Nous nous sommes aussi mis d’accord d’avancer à une vitesse satisfaisante pour atteindre Mbandaka, ce qui paraissait impossible à notre consommation de 14 km actuel et 12 heures de bateau par jour. Nous avons décidé que s’il le fallait nous allions même avancer de nuit pour atteindre notre destination. Tout le monde nous a paru coopérant, mais les problèmes sont arrivés par la suite. Nous avons accosté vers 7 heures du soir à Mumba, où accompagné d’un grand sourire Mr. Picsu nous a indiqué le programme : nous allions dormir sur place, le lendemain matin nous allons faire les démarches administratives (office de l’immigration, police fluviale et les autres administrations obligatoire), nous allons faire le plein et changer quelques bougies dans le moteur et seulement après nous allons poursuivre notre route. Ce retard n’était pas prévu et inacceptable dans notre programme. Un jeu stratégique et une négociation diplomatique a commencé entre nous et l’équipage, nous avons mis une journée entière pour trouver un arrangement. Nous avions l’impression qu’ils essaient tout pour nous empêcher d’atteindre notre but. Ils n’ont pas compris que nous devions atteindre un endroit précis à une date exacte. Nos arguments ne les intéressaient pas, jusqu’à l’instant où j’ai menacé d’appeler leur chef et projeté de lui annoncer que nous allions demander un dédommagement si nous n’atteignons pas nos avions le 14. Le dédommagement nous servirait d’acheter de nouveaux billets d’avion. Là enfin ils ont compris. Toute cette mascarade m’a fatigué mentalement et physiquement. Au lieu d’avancer, de me concentrer sur la documentation de notre voyage et de la planification de la suite de l’expédition j’ai dû surveiller tous les faits et gestes de l’équipage comme à l’armée. J’ai accompagné Mr. Picsu dans les bureaux de l’administration, où j’ai dû assister avec mon plus beau sourire pour la cinquantième fois au même spectacle ridicule et complètement inutile. La seule raison pour laquelle nous devions nous soumettre à ces procédures était d’enrichir les fonctionnaires d’environ 30 dollars américains à chacun de nos étapes.
A Bumba j’ai réussi à mettre la main sur le chef du bureau d’immigration à une heure tardive. Nous sommes directement allés à sa maison et avons demandé à sa femme de lui passer un coup de fil. J.P. était un homme très sympathique. Il a compris nos problèmes, nous a signé les papiers et nous a conseillé d’attendre que la lune éclaircisse le Congo. Pendant ce temps l’équipage pourra faire le plein et réparer le bateau. Il nous a proposé de rester sur la terrasse couverte et spacieuse de sa maison, où nous pourrions préparer notre dîner et nous reposer. Vers 3 heures du matin nous sommes montés à bord du bateau et sommes partis sur le Congo. Nous avons voyagé toute la nuit au clair de la lune. La suite de notre voyage était un peu inconfortable. Nous avions froid, mais nous avons cherché une position idéale pour pouvoir nous reposer. Nous avons tout rangé dans le bateau pour avoir plus de place et avons posé les matelas gonflables dans le fond du bateau. Nous nous sommes couchés côte à côte tous les 4 : Fábry, Sándor Zimits, Attila Lóránt et moi, recroquevillés dans le fond du bateau. Sándor Balogh le plus hardu d’entre nous à passé la nuit sans dire un mot sur une chaise.
12 Juillet 2009
Vers 9 heures du matin nous faisons une petite pause à Kwenze, pour subvenir à nos besoins au sein de la mère nature. Malgré les 22 heures par jours que nous passons ensemble et les quelques mètres carrés que nous partagons, notre groupe se forme, la sociologie du groupe est plutôt satisfaisante. Pendant la nuit nous transformons le fond du bateau pour qu’on puisse y dormir. Nous dormions à quatre sur les matelas autogonflable au fond du bateau: Sándor Fábry et Zimits, Attila Lóránt et moi. Comme dans une boîte à sardine. Dávid ez Sándor Balogh ont passé la nuit dans les chaises. Tous le monde supporte bien les difficultés. C’est une bonne équipe! La paysage est comme hier. Nous voyons toujours des maisons sur pilotis, même si les pilotis sont beaucoup moins hauts qu’au paravant. Nous acostons bientôt à Mpondo. Mpondo est un petit village sympathique, avec une petite église catholique en brique. L’autel est en bois décoré avec des fleures artificielles. Le plafonds est décoré avec du papier peint rouge et blanc rayé. Nous avons vu dans l’église différents instruments musicaux. Les habitants nous ont aussi montrer comment y jouer: les tambours mythiques du peuple bangala, les tam-tam et le piano à doigts de six sons. Vers midi nous voyons des radeaux avec des toîts trianguliers sur le fleuve. Parfois des familles entières et leurs cargaisons voyagent sur ce genre de bateau. Nous ne savons pas où ils vont et pourquoi. C’est peut-être une migration au Congo ou bien ils fuissent quelque chose? Ils déménagent en espérant une vie meilleure? Nous voudrions nous arrêter, discuter avec eux, mais nous devons continuer, avancer. Notre vitesse moyenne est de 17,2 km-heures. Notre vitesse record était 36,8 km/h. Dans l’après-midi nous avons vu des bords habités, les cabannes à pilotis hauts réaparraissent. Nous sommes à Emate-Loa. Du roseau apparaît en bordure de la forrêt. Tout va bien. La vie en groupe est toujours agréable. Je suis probablement allergique aux piqûres de moustique de Bumba, elle grattent terriblement. Je prends des comprimés de calcium et je mets de la crème Fenistil dessus, j’essaie de ne pas trop gratter les piqûres. C’est pas facile.
Le soir, comme Sándor Fábry le dit, nous rencontrons le „benzin-crisis”, la crise du carburant. Il semble que nous sommes obligés de trouver quelques litres d’essence. Vers 9 heures du soir nous accostons à 75 km de Mbandaka. Cette nuit est plus noire que celle de la vielle. Le ciel est nuageux, les étoiles brillent moins. Nous attendons jusqu’à 2 heures du matin pour que la lune éclaire un peu les côtes. En attendons nous restons couchés au fond du bateau „en mode nuit”. Sándor Zimits monte la garde. Sándor Balogh est toujours le seule à dormir sur sa chaise et pas sur le sol. C’est lui qui a le plus d’endurance, et le moins d’exigences. Il comprend rapidement toutes les situations, il a la tête froide, décide sagement, un vrai compagnon d’expédition, on peut toujours compter sur lui.
Attila et Dávid font beaucoup de vidéos et de films pendant notre voyage. Ils éternalisent le fleuve, le jour, la nuit. Les gens sur les côtes et le bateaux de pêche. Sándor Zimits est aussi un photographe passioné et une personne très ouverte. Sándor Fábry trouve vite les moyens de caricaturer les nombreuses situations grotesques par ses tournures creatives. Tous les jours nous sommes témoins de Fábry-shows improvisés, parfois à pleurer de rire. Sinon Sándor Fábry participe au voyage avec quiétude et une attitude intéressée. Si nous décendons du bateau il se promène tranquilement les bras croisés dans le dos.
Nous arrivons sur Mbandaka! A 8h10 le 13 Juillet nous acostons à Mbandaka! Nous sommes heureux et tristes à la fois. Nous arrivons sain et sauve. Nous pouvons enfin nous laver. Fini les difficultés. Cependant nous ne voyons plus le fleuve qui était le notre après quelques jours. Bonjour Mbandaka! Congo tu nous manques déjà!
15 Juillet 2009 – Mbandaka
Mbandaka est un endroit intéressant: la proximité du fleuve, le port typique, peu de voiture, mais d’autant plus de vélo-taxi, les routes poussiereuses, les bâtiments usés le caractérisent. Pendant notre court séjour à Mbandaka nous rendons visite à un petit village mixte habité par des Bangalas et des Pygmés. Nous avons aussi constaté qu’au XIXème siècle Henry Morton Stanley est passé par ici, qui a identifié le point équatorial. Aujourd’hui ce point est marqué par une pierre mémoriale, mais ne se situe pas exactement sur l’Équateur. Selon notre GPS il est à 3,5 km. Nous avons essayé de trouver le vrai point et prouver notre théorie par une simple expérience physique, avec plus ou moins de succès.
De Mbandaka nous sommes retournés à Kinshasa en avion. Pendant notre journée à Kinshasa nous devions faire beaucoup de préparations administratives et logistique, aller à différents rendez-vous. Le 17 Juillet nous partions de Kinshasa pour Kikwit avec les détours par Masi Manimba et Mosenge.

Arrivée triomphale à Mbandaka après 6 jours de voyage en bateau
Dávid Reisinger tourne sur le Congo

Départ matinal d’un campement

Ildikó toujours dans ses plans, nous allons surtout rencontrer des problèmes logistique en Congo-Inférieur 
Les tolimo des Vagenyas
Accueil local

Le Congo
Attila Lóránt et Sándor Zimits suivent notre voyage sur le GSP
16 Juillet 2009
Ce post sera court, car nous sommes très fatigués de notre journée. Nous avons préparé nos affaires la veille et nous nous sommes levés à 4h30 du matin, chargé nos affaires et partis vers 7H00 avec notre jeep vers Kikwit. Sur le chemin notre amis antropologue du Congo, Charles nous a rejoint, nous avons encore règlé encore quelques affaires et nous avons quitté Kinshasa vers 9 heures. La première partie du voyage passait agréablement. Nous avancions sur la route de Mayi-Ndombei à 80-90 km/h. Les difficultés sont arrivées par la suite. Du sable profonds, de gros trous, les obstacles, les marchés, les déviations, nous sommes restés bloqué plusieurs fois et devions creuser. Parfois il n’y avait plus de route devant nous, et nous devions apporter nous même de la terre au bord d’une falaise pour pouvoir descendre sur la côte. Parfois nous nous sommes enterrés sous le sable en pleine nuit, et en 5 minutes 30 jeunes hommes sont apparus de nulle part avec des pelles pour nous déterrer. L’eau de refroidissement bouillait constamment, que nous essayions de compenser en chauffant dans le véhicule. Attila et moi étions à l’avant, Toma à côté du conducteur, c’est nous qui sentions le plus la chaleur terrible. Nous ne regrettons pas, nous sommes venus pour une expedition, notre seul but est de rendre hommage à Torday, accomplir une itinéraire de qualité et ethique que nous avions planifiée. Cette motivation nous a aidé à surpasser nos difficultés, ainsi que l’esprit de groupe. Personne ne se pleint, tout le monde supporte héroiquement les conditions, nous sommes une vraie équipe d’expédition, nous creusons, transpirons, viellons s’il le faut. Nous pouvons être très fiers de notre équipe. Chacun sa fonction dans l’équipe, nous pouvons utiliser la cohésion si nécessaire. Les réflexions de Dávid Reisinger, les analyses strictes et la sagesse d’Attila, les histoires drôles de Sándor, ses jeux avec les enfants, sa préoccupation de notre nourriture et de nos médicaments, Judit futée, veillant sur les détails et gardant tout en mémoire, que Ildikó n’a pas le temps de faire à cause de l’organisation et la coordination générale. Ainsi se compose notre équipe.
L’esprit de Torday
L’esprit de Torday est autour de nous, nous voyons l’excitations des habitants quand nous leur parlons de notre but: un de nos encêtres (un frère ou ils l’appellent aussi un grand-père) a habité ici, chez eux. Nous sommes venus pour suivre sa trace et pour montrer le Congo d’aujourd’hui. C’est très intéressant de voir les hommes au dessus de la carte, échangant les idées sur la location d’un village, ou que pouvait devenir l’endroit décrit par Torday 100 ans auparavant. Où se trouve aujourd’hui Molasa ou Dumba, que peut désigné le putu, comment cela se fait qu’un village habité par les bambala est occupé par un autre tribu aujourd’hui. Il peuvent rester figé devant une vielle photo pendant 20 minutes, étudiant tous les détails. A la fin nous avons toujours la même demande: Développez-nous cette photo, agrandissez-la, nous allons la mettre au mur. Ce sont nos encêtres.
En 13 heures nous sommes avancés 385 km. Nous sommes arrivés vers 11 heures du soir à notre campement. Les catholiques locaux nous attendaient avec un dîner et des chambres propres.
| < Préc | Suivant > |
|---|
Mis à jour ( Lundi, 26 Décembre 2011 18:26 )























