Emil Torday
Emil Torday naît le 22 juin 1875 à Budapest. En 1895 il déménage à Bruxelles, où il travaille comme employé de banque pendant cinq ans. Il s'intéresse à la géographie et l'ethnologie, et s'enthousiasme pour les livres de Henry Morton Stanley et de Livingstone.
En mars 1900 il arrive à Boma, la capitale de l'Etat Indépendant du Congo. Sa première mission de quatre ans l'amène à l'est, à Katanga. Il met 20 jours de bateau à arriver par le fleuve Congo à Stanleyville (aujourd'hui Kisangani). Il descend les chutes Stanley avec les excellents rameurs Wagenias, ce qui est une expérience qu'il n'oubliera jamais. Il travaille quatre ans au Katanga en tant que fonctionnaire belge. Il effectue des expéditions, il chasse, il vit sur le territoire du groupe Luba, dont il apprend la langue. Vers la fin de sa série d'expéditions, Torday parlera sept autres langues du Congo. Au Marungu, il identifie le cap Akalonga sur le lac Tanganyika, que Livingstone avait repéré, et ainsi il a fait une découverte géographique.

Avec la soutien de la British Museum
En 1905-1906, lors de son deuxième voyage au Congo, en mission pour la Compagnie du Kasai,
il mène des expéditions sur le territoire entre le Kwango et le Kwilu jusqu'à la frontière anglaise, pour chercher des nouvelles bases commerciales pour la Compagnie.
"J'ai reçu ta lettre fort amicale. Je n'écrit que quelques mots, étant donné mon extrême fatigue. Depuis un mois déjà je dors dans une tente et je marche vingt milles par jour."
(Extrait d'une lettre d'Emil Torday adressée à T. A. Joyce. 15 septembre 1906, Luchima)
C'est à cette période qu'il rédige ses premiers écrits sur les Mbala, Mbuun, Yansi, Hungaan, Kwesi et les Yaka. Il est intéressé par les systèmes locaux de commerce et d'économie, et produit des compte-rendus détaillés sur les formes naissantes de monnaie, comme par exemple les dzimbou.
C'est entre 1907 et 1909 qu'il effectue sa troisième mission, celle qui sera la plus importante d'un point de vue scientifique, mandaté par la British Museum. Melville William Hilton-Simpson l'accompagne pendant toute la période. A eux deux, ils réalisent de nombreuses photographies. C'est de là que proviennent la plupart des images d'archive de la présente exposition. Le peintre Norman Hardy les accompagne également pendant une partie du chemin. Il effectue une longue expédition chez les Bushongo et les Ngongo. Il envoie consciencieusement ses écrits et objets collectés à Thomas Athol Joyce, au British Museum. Pendant que Torday effectue sa recherche au Congo, Joyce se charge de la recherche bibliographique et classe les notes de Torday en vue de la publication. Sous leurs deux noms voient le jour de nombreuses publications et monographies.
"Je t'envoie mes notes des Batetela en recommandé. J'espère qu'elles te plairont. Comme tu avais des difficultés avec mon écriture, je les ai dictées à Simpson. J'ai également fait des photographies, je les envois bientôt également... Hardy a fait plusieurs esquisses sur les tatouages des femmes, il terminera les dessins en Europe. J'envoie six boîtes aujourd'hui à la Compagnie du Kasai, qui vont envoyer la facture à M. Read. J'envoie bientôt les dictionnaires aussi. As-tu bien reçu les objets kuba?"
(Extrait d'une lettre d'Emil Torday à T. A. Joyce. Début 1908, Mokunji)

Avec la soutien de la British Museum
Au cours de la troisième expédition, il explore le territoire entre Kasai et Loange. Vers la fin du parcours, il est chargé par un hippopotame, ce qui lui vaudra de marcher avec des béquilles jusqu'à la fin de sa vie. Il ne retournera plus jamais sur cette terre d'Afrique qu'il aimait tant.
Il s'installe à Londres, où il se livre à des travaux scientifiques et littéraires. Il est membre élu de l'Institut Royal d'Anthropologie et du Cercle de Folklore, vice-président du Cercle Anthropologique de l'Université de Londres, chercheur du fond Congo du Musée de l'Université de Philadelphie, membre par correspondance de l'Association des Géographes de Hongrie, et l'un des personnages clefs de la communauté hongroise de Londres. Il meurt le 9 mai 1931, à l'âge de 56 ans.

Avec la soutien de la British Museum
Quelques livres et publications de Torday:
Torday E.
1925b Causeries Congolaises. Brussels, Vronant.
TORDAY E.
1929d „Azande folklore.” Man 125: 164.
TORDAY E.
1930a African Races. London, Williams and Norgate.
TORDAY E. – JOYCE, T. A.
1906a „Notes on the Ethnography of the Ba-Yaka. With Supplementary Notes on the Ethnography
of the Ba-Mbala.” Journal of the Royal Anthropological Institute 36: 39-59.
TORDAY E. – JOYCE, T. A.
1906b „Notes on the Ethnography of the Ba-Huana.” Journal of the Royal Anthropological
Institute 36: 272-301.
TORDAY E. – JOYCE, T. A.
1907a „Notes on the Southern Ba-Mbala.” Man 7: 81-84.
TORDAY E. – JOYCE, T. A.
1907b „On the Ethnology of the South-Western Congo Free State.” Journal of the Royal
Anthropological Institute 37: 133-156.
TORDAY E. – JOYCE, T. A.
1911 Notes ethnographiques sur les peuples communement appelés Bakuba ainsi que sur les
peuplades apparantées les Bushongo. Brussels, Musée du Congo Belge.
TORDAY E. – JOYCE, T. A.
1922 Notes ethnographiques sur les peuplades habitant les bassins du Kasai et du Kwango
orientale, peuplades de la forêt, peuplades des prairies. Brussels, Musee du Congo
Belge
TORDAY, Emil
1923 Bolyongások Afrikában. Három utazás az egyenlítő vidékén +
Budapest, Világirodalom
TORDAY, Emil
1924 Afrikai emlékek. Egy Afrika-kutató naplójából
Budapest, Világirodalom
| < Préc | Suivant > |
|---|
Mis à jour ( Lundi, 15 Mars 2010 11:44 )























